L’HEURE PALE: UNE PIECE DE THEATRE ORIGINALE

Votre classe de 1 Melec a assisté à la représentation de la pièce « L’heure pâle » de Sylvain Levey. Pouvez-vous nous la présenter ?
C’est une pièce qui évoque l’usage excessif de la technologie et les relations entre les gens à notre époque. On observe la vie quotidienne d’une famille et de leur voisine, étudiante russe.
Les parents se disputent, le fils qui est youtubeur, reste enfermé dans sa chambre, la jeune fille finance ses études en tournant du porno chic… Vers le milieu de la pièce, une panne d’électricité plonge toute la ville dans le noir. Chaque personnage réagit de façon disproportionnée : le fait de ne plus avoir accès à la technologie l’amène à se poser des questions sur sa vie, ses capacités…
Ils commencent tous à agir bizarrement.

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Photo Christian Loubradou, avec l’aimable autorisation de la compagnie villeneuvoise Le bruit des ombres

Parlez-nous de la mise en scène…
Tout au début, les quatre comédiens rentrent à la queue leu leu, ils restent alignés sur scène, chacun porte des lunettes. Ils font tous les mêmes gestes en même temps : regardent leur montre, semblent manipuler un écran … Chaque personnage prend la parole pour en présenter un autre : le père parle de sa femme, la femme parle de la voisine russe …Les lumières et les sons sont importants: à chaque début de scène on entend des bruitages (ronronnements d’ordinateurs, alarmes…). Les quatre comédiens restent tout le temps sur la scène, c’est l’éclairage qui met en valeur ceux qui parlent ou sont concernés. Le début nous a paru bizarre,
mais au fur et à mesure, l’histoire devenait plus compréhensible.

Quelle scène vous a le plus marqués ?

Il y en a deux. Dans la première, le fils s’assied sur une table et se filme en train de manger assez salement des chamallows. Puis il commande à manger depuis son smartphone. On comprend qu’il est dans sa chambre. Son père entre brutalement . Le fils demande avec insolence « Combien de fois je t’ai dit de frapper avant d’entrer ? ». Le père, exaspéré de l’avoir appelé plusieurs fois sans qu’il réponde, lui met une claque !
Plus tard, le père, que sa femme vient de quitter, boit du porto jusqu’à en être ivre. Il se met à parler à Siri, l’assistant vocal de son smartphone. Il lui dit « J’ai envie de toi » puis « Fais-moi l’amour ». A chaque fois, on entend la voix artificielle répondre « Je ne comprends pas votre question ». C’était drôle et inattendu.

Est-ce que vous pensez que cette pièce est une critique de la société actuelle ?
Oui. Le metteur en scène dénonce la société de consommation. Quand on voit Christopher se goinfrer de bonbons et commander un tacos viande hachée-tender-poulet …on trouve ça excessif ! Il aborde aussi les relations hommes-femmes de manière glauque: il y a peu d’amour et beaucoup de perversion (voyeurisme, pornographie, allusions sexuelles…)

Finalement, est-ce que cette représentation vous a plu ?
Oui, c’était intéressant. Certains passages nous ont parus peu compréhensibles, comme la scène avec le monsieur âgé. Mais l’attitude de l’adolescent (toujours sur les écrans et en train de consommer) nous a fait réfléchir…

Elliot, Abdessamed, Tony, Enzo et Thibaut, interviewés par   Elisabeth Perraudin, la documentaliste.

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